Auguste
Scherlen en 1926 (photo Christophe, Perles d'Alsace, tome 1)
Le 26 novembre 1933, mourrait Auguste Scherlen, l'érudit archiviste colmarien qui consacra l'essentiel de ses recherches à Colmar, à ses environs et à la vallée de Munster à laquelle il fut profondément attaché.
Auguste Scherlen, ce dimanche de novembre, avait, comme tous les autres dimanches de l'année,
l'intention de se promener dans les Vosges. Dans ces Vosges qu'il arpentait
depuis plus de quarante ans et dont il connaissait le moindre recoin. Avec une
prédilection pour la vallée de Munster et plus spécialement pour le vallon de Soultzbach.
Il aimait se promener dans les terres anciennes des seigneurs de Hattstatt.
C'est avec eux que tout avait commencé. Ils avaient fondé sa réputation
d'historien. Son premier grand ouvrage, Geschichte der Herren von Hattstatt und
ihre Besitzung (Les sires de Hattstatt et leur possession), un volume de plus de
400 pages, paru en 1908, leur était consacré. Il envisageait, 25 ans après,
de rééditer l'étude en l'enrichissant de ses recherches plus récentes. Il était
plein de projets. Avec son épouse et un ami, il avait rejoint par le train
Wihr-au-Val et voulait se rendre à la maison forestière de Saint-Marc en
passant par le Stumkopf. Arrivé au lieu-dit, il est victime d'un malaise
cardiaque et meurt sur le champ.
L'Alsace perdait un de ses savants les plus éminents, et les plus productifs,
et Colmar était orphelin de celui qui la connaissait le mieux. Cet enfant d'Herrlisheim,
où il était né le 21 août 1871, avait d'abord embrassé une carrière
d'instituteur qui l'avait mené au Bonhomme, à Labaroche, à Bourbach-le-Bas et
enfin à Colmar, en 1906, où il est nommé assistant aux archives municipales
tout en continuant d'exercer son métier d'instituteur.
Le jeune homme trouve à Colmar de quoi combler son insatiable appétit
d'historien. Il bénéficie du soutien et des encouragements de l'archiviste départemental
H. Pfannenschmid. Scherlen ne se contente pas d'écumer
les archives de Colmar mais procède à l'inventaire de celles d'Ammerschwihr,
de Kaysersberg, et plus tard celles de Turckheim et de Munster, où il classe
20.000 documents. A Colmar, il accumule les données sur les rues et les
quartiers, les édifices et les maisons. Il publie ses résultats sous la forme
de feuilletons dans le journal « Le Démocrate du Haut-Rhin ». De ce
volumineux et irremplaçable matériau sortira, en 1922, la fameuse « Topographie
du Vieux-Colmar » (Topographie von Alt-Colmar) que l'ARECH réédita et
fit traduire en français en 1996.
L'année 1922 est une année faste pour Auguste Scherlen.
Non seulement il arrive à publier sa « Topographie » mais il est définitivement
recruté par la ville comme archiviste municipal. Il revient de loin. Il a connu
l'opprobre et l'ignominie de l'exil. Victime de la fameuse commission de triage
instaurée par Clemenceau, il est condamné à résider à... Grenoble pour
avoir fait des conférences au foyer du soldat allemand pendant la première
guerre mondiale. L'exil durera six mois. La mobilisation des autorités
politiques et savantes l'aident à revenir rapidement. La blessure cependant
reste profonde.
Elle le pousse à travailler encore davantage. Scherlen
réalise des monographies sur Turckheim (1925), Ingersheim (1927), Eguisheim,
Sainte-Croix-en-Plaine, Wintzenheim (1929). Ses articles de presse et de
revue sont regroupés dans « Les Perles d'Alsace » (1926, 1929 et
1934) qui renferment de substantielles études sur Colmar, la vallée de
Munster, de Kaysersberg, la région de Ribeauvillé et de Riquewihr. Il trouve
le temps de publier, en 1929, le tome trois de la monumentale histoire sur
« La Guerre de trente Ans en Alsace » de l'abbé Ellerbach, qui décède
subitement en 1924.
Scherlen n'est pas infidèle à Colmar, loin de là.
Il classe inlassablement les archives de la ville, publie, en 1931, « Colmar,
village et ville » et multiplie ses efforts pour préserver le patrimoine
bâti de la capitale haut-rhinoise. Bien avant la loi Malraux et la campagne de
restauration du quartier des Tanneurs, il avait milité pour rendre aux vieilles
maisons colmariennes leur beauté d'antan. Il avait convaincu maints propriétaires
de se débarrasser du crépi gris qui cachait les colombages de leur maison.
Auguste Scherlen est également resté fidèle à la vallée de Munster. Il songe même à s'y retirer, une fois la retraite prise. A la veille de son décès, il réceptionne sa nouvelle publication consacrée à l'histoire de Muhlbach. L'année de son départ, la Société d'histoire de Munster, dont il fut l'un des fondateurs, érige en son souvenir une croix au Stumkopf. Un autre monument à sa mémoire sera érigé en 1935, à Labaroche-Giragoutte, par le Club vosgien qu'il avait servi avec dévouement pendant des décennies.
Source : Il y a 70 ans disparaissait Auguste Scherlen, Gabriel Braeuner, DNA du mercredi 26 novembre 2003
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WINTZENHEIMWinzenheim, St-Gilles, Hohlandsburg, LogelbachGeschichts-BilderAuguste Scherlen(en allemand) Éditions Alsatia Colmar 1929(96 pages) |
Vorwort |
ANHANG |
- Gesamtansicht von Winzenheim (cliché Cercle catholique)
- St-Gilles mit der Plixburg (cliché de E.Herzog, Marbach)
- Verfasser hält der Fédération des Skieurs einen Vortrag auf der Hohlandsburg am 9.10.1927 (Fleith)
- Hohlandsburg (Nordost-Ecke) nach Rothmüller
- Hohlandsburg (Inneres) nach Rothmüller
- Grabmal des Landvogts Conrad Wernher von Hattstatt (1265-1320) (Colmarer Museum)
- Plan der Gemarkung St Gilgen mit Hohlandsburg und Pflixburg (gegen 1600)
- Mairie und Pfarrkirche (cliché Cercle catholique)
- Gnadenkapelle “Maria-Hilf” (cliché Cercle catholique)
- Kapelle von Logelbach
- Moderne Kirche von Logelbach (cliché offert par l’Imprimerie Lechleiter)
- Inneres der Kirche von Logelbach (cliché offert par l’Imprimerie Lechleiter)
- Ruine Pflixburg
- Bürgermeister Mr Birgy von Winzenheim
- Altbürgermeister und Generalrat Mr A. Meyer von Winzenheim
Auguste
Scherlen, peu avant son décès (photo Christophe, Perles d'Alsace, tome 3)
Archiviste Municipal, associé correspondant des antiquaires de France, Lauréat de la Société Industrielle de Mulhouse. Membre de la Société savante de Strasbourg et de la Société des écrivains d'Alsace et de Lorraine. Membre d'honneur de la Société d'archéologie de Kaysersberg, du Club Vosgien etc ...
Œuvres : Les seigneurs de Hattstatt, histoire des villes d'Ammerschwihr, Munster, Kaysersberg et Turckheim, histoire d'Ingersheim, Sainte-Croix-en-Plaine et Wintzenheim, Perles d'Alsace, Histoire de la Guerre de Trente ans en Alsace, Colmar perle du Haut-Rhin, Trois-Épis, Histoire de Colmar, etc ...
"... Auguste Scherlen, ce dimanche de novembre, avait, comme tous les autres dimanches de l'année, l'intention de se promener dans les Vosges. Dans ces Vosges qu'il arpentait depuis plus de quarante ans et dont il connaissait le moindre recoin. Avec une prédilection pour la vallée de Munster et plus spécialement pour le vallon de Soultzbach.
Il aimait se promener dans les terres anciennes des seigneurs de Hattstatt. C'est avec eux que tout avait commencé. Ils avaient fondé sa réputation d'historien. Son premier grand ouvrage, Geschichte der Herren von Hattstatt und ihre Besitzung (Les sires de Hattstatt et leur possession), un volume de plus de 400 pages, paru en 1908, leur était consacré. Il envisageait, 25 ans après, de rééditer l'étude en l'enrichissant de ses recherches plus récentes. Il était plein de projets. Avec son épouse et un ami, il avait rejoint par le train Wihr-au-Val et voulait se rendre à la maison forestière de Saint-Marc en passant par le Stumkopf. Arrivé au lieu-dit, il est victime d'un malaise cardiaque et meurt sur le champ.
L'Alsace perdait un de ses savants les plus éminents, et les plus productifs, et Colmar était orphelin de celui qui la connaissait le mieux. Cet enfant d'Herrlisheim, où il était né le 21 août 1871, avait d'abord embrassé une carrière d'instituteur qui l'avait mené au Bonhomme, à Labaroche, à Bourbach-le-Bas et enfin à Colmar, en 1906, où il est nommé assistant aux archives municipales tout en continuant d'exercer son métier d'instituteur..."
Source : Gabriel Braeuner, DNA du 26 novembre 2003
p. 28? - Le feu de la Saint-Jean
p. 373 - Logelbach
p. 498 - Wintzenheim et son passé
p. 500 - La chapelle (Waldkapelle), située en pleine forêt, sur la pente est du Hohlandsberg, date de l'an 1762.
p. 502 - Le Hohlandsbourg
p. 508 - La cour colongère de Wintzenheim
p. 445 - Wintzenheim. Saint-Gilles, une ferme solitaire et historique.
p. 455 - Il est fort probable que les troupes de Turenne, avant leur marche sur Turckheim, aient campé sur les prés de Saint-Gilles.
p. 457 - Les habitants de Turckheim à la kermesse de Wintzenheim
Photos du maire René Birgy et du conseiller général Aloyse Meyer.
Croquis des fresques de l'ancienne chapelle de Saint-Gilles.
p. 371 - Wintzenheim et ses alentours. Wintzenheim et l'âge d'or de l'Alsace
p. 384 - Acte nommant aux fonctions de burgvogt au "Hohenlandsberg" en 1588, le sieur Pierre Baumann
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