On sait qu'à Wintzenheim, la cause des personnes âgées fut toujours une noble et grande cause, d'abord pour des personnes à titre individuel ou oeuvrant dans des associations, s'occupant de l'animation et de l'organisation de manifestations, rendez-vous réguliers, séances de gymnastique, excursions et autres petites fêtes en faveur des vieilles personnes qui ont bien mérité de la société actuelle et permettre à ces dernières de sortir parfois de leur isolement, de pratiquer des activités sportives et intéressantes et des échanges sociaux bénéfiques à leur santé morale et physique. Ces actions ont été bien soutenues par les municipalités successives, et bien entendu continuent de l'être par celle du maire actuel, M. Bernard Hoffmann.
Mais la municipalité ne mène pas seulement des opérations épisodiques, elle a surtout en charge le vécu quotidien de plusieurs personnes - pensionnaires et personnel - dans la maison de retraite (dit « ancien hôpital »), en collaboration avec l'administration de l'établissement et d'autres organismes. Les bâtiments actuels ne répondant plus aux normes modernes de fonctionnement et d'accueil, Wintzenheim a décidé la réalisation d'un grand projet, digne d'un vrai chef-lieu de canton, en procédant à l'agrandissement et à l'humanisation de sa maison de retraite.
Par le dernier bulletin municipal et surtout lors de la campagne des élections pour le renouvellement du conseil municipal, les administrés ont appris que ce projet était entré dans sa vraie phase de réalisation, avec le premier coup de pioche en novembre 1988 et la pose de la première pierre le 17 février 1989 en présence de nombreuses personnalités, dont le ministre délégué aux personnes âgées, M. Théo Braun, le président du conseil général, M. Jean-Jacques Weber, le conseiller régional et général, M. Pierre Knittel, et le maire de Wintzenheim en poste à l'époque, M. Charles Siegel.
En passant devant « l'ancien hôpital », en face de la gendarmerie, on devinait bien que « quelque chose » se réalisait à l'arrière, il semblait même qu'on apercevait la flèche d'une grue, mais jamais on n'aurait pu se douter de l'ampleur des travaux en cours et de l'impressionnant chantier qui s'étale dans le secteur formé par les rues Clemenceau, Mal-Joffre, Doumer et derrière la Cour Langweil. Grâce à une visite de chantier procédée en compagnie du maire, M. Hoffmann, nous avons pu constater qu'à Wintzenheim se faisait en ce moment « la réalisation de ces dernières années...».
Tout d'abord, après avoir dépassé le niveau des anciens bâtiments et enjambé d'innombrables matériaux de construction, on est frappé par la grandeur de la construction, et surtout le style d'architecture, moderne et innovateur. En présence du béton armé blanc, de l'élégance et de l'élancement des lignes, de nombreuses formes arrondies, la première idée vous traverse l'esprit : « On est en face d'une grande église de Ronchamp...» (la fameuse bâtisse de Le Corbusier, aux portes de l'Alsace).
On est ensuite touché par l'état émotionnel, voire passionnel du maire-guide, qui avec forts commentaires, parle de ce qu'il appelle « son bébé », son « enfantement » difficile, puis sa « naissance ». Et dans la poursuite de la visite, nous voyons le « bébé » grandir, devenir « adolescent » puis « adulte » : les formes sont maintenant complètes, les pièces se meublent et s'équipent, et surtout la vie s'installe avec des pensionnaires heureux et du personnel dévoué et besogneux...
Une fois ces nouveaux bâtiments opérationnels, et bien intégrés dans ceux construits dans les années 70 et 80, les locaux « historiques » de I'« ancien hôpital » seront démolis, pour faire place à des espaces verts et des parkings.
Le projet d'agrandissement de la maison de retraite existait depuis de nombreuses années, mais il s'est vraiment mis en place lorsque M. Bernard Hoffmann, encore adjoint au maire, est devenu président du conseil d'administration de l'établissement et notamment au cours de la 2e réunion qu'il a présidée le 25 juin 1985. Bien évidemment, plusieurs difficultés, d'ordre financier, technique et humain, s'élevèrent, mais tout fut surmonté grâce à l'appui de membres du conseil municipal et du conseil d'administration et une décision favorable préalable de la CRAV (caisse de retraite d'assurance vieillesse).
Le coût d'objectif global est évalué à 19.000.000 F (presque 2 milliards de centimes). La commune assure le financement avec le concours du département (subvention sur 40% HT et 10% d'avance sans intérêts sur 20 ans), de la CRAV (16% d'avance sans intérêts sur 20 ans), l'AGRR, le remboursement de la TVA payée à l'Etat qui alloue également une dotation de plus de 2%. L'acquisition d'une dernière parcelle sur l'emprise du projet par la commune a permis à cette dernière d'agir en qualité de maitre d'ouvrage et de récupérer ainsi 18,6% de la TVA.
Il faut enfin citer le concours de la maison de retraite elle-même qui aidera au remboursement des annuités des emprunts contractés par la commune.
Signalons encore que l'architecte est le cabinet Plisson-Mongiello de Colmar, que le conducteur d'opération est la DDE de Colmar et le bureau de contrôle technique est l'AIF de Strasbourg. Le chantier - et les divers marchés qui y sont liés - de la maison de retraite procure également beaucoup de travail aux entreprises de la cité et de la région et à une grande main-d'oeuvre spécialisée, C'est un autre aspect économique à relever...
Source : ??? - 1990
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