WINTZENHEIM.HISTOIRE

Wintzenheim : les lavoirs


Le Waschhus

Le "Wasch-Hüss", lavoir fermé où les femmes pouvaient laver leur linge même en hiver, se trouvait à l'angle de la rue Principale et de la rue Jeanne d'Arc.
Ce bâtiment, à l'avant du Cercle Catholique (et de l'actuelle salle Andrès) n'existe plus. A sa place, il y a maintenant un parking et des bacs à déchetterie.
Il était desservi par l'eau du "Gemeindebach" qui venait de la chapelle, entrait dans le bâtiment, formait un "U", et ressortait pour suivre son cours le long de la rue Principale. 

Wintzenheim
Le Foyer-Club des Jeunes dans l'ancien Waschhuss
(Archives Mairie)
Wintzenheim
Le Foyer-Club des Jeunes dans l'ancien Waschhuss
(Archives Mairie)
Wintzenheim
Jeunes filles du "Jungfrauenverein" devant l'ancien Waschhuss
(Photothèque SHW 104)
Wintzenheim
Plan Cadastral de 1905
Wintzenheim

Le Waschhus, lavoir "fantôme" de Wintzenheim

Pour la plupart d’entre nous, laver le linge se résume à pousser le bouton d’une machine à laver le linge chargé dans un tambour. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, les choses étaient bien différentes !

A la fin de XIXème siècle, les progrès des sciences et de la médecine mais surtout le développement des techniques, modifient peu à peu les modes de vie de toutes les couches de la population. Touchant à l’intime de chacun, les normes d’hygiène bouleversent les habitudes, les mentalités, les coutumes. La propreté corporelle, avoir du linge propre et en changer régulièrement devient une nécessité.

Le procédé de lavage et du rinçage du linge sont une corvée réservée pratiquement exclusivement aux femmes. La lessive se fait avec des cendres qui, mélangées à l’eau, libèrent la potasse qui possède un pouvoir nettoyant proche de celui de la soude. Puis, la solution est filtrée, ajoutée à de l’eau bouillante et versée sur le linge sale dans un cuvier. Les paillettes de savon et le gros cube du savon de Marseille ne sont utilisés que vers la fin du XIXème siècle et réservés aux classes sociales les plus aisées. Puis, le linge est rincé souvent au lavoir public constitué d’un bassin d’eau claire. Pouvoir rincer son linge au bord d’une rivière ou d’un ruisseau est un privilège !

En 1876, le maire M. Kubler et le Conseil Municipal, prennent la décision d’installer un « Waschhus » (buanderie et lavoir), qui permettrait à de nombreux habitants n’ayant pas de buanderie, de laver et d’entretenir le linge avec plus de facilités. Un crédit de 3.000 Mark est voté pour assurer la construction du bâtiment.

Mais où installer ce lavoir ? La commune possède une bande de terrain le long de la « Bezirkstrasse » (rue Clemenceau) à l’emplacement qui correspond actuellement à celui de l’ancien dojo. Il est trop étroit pour le projet, mais, le propriétaire du terrain adjacent est prêt à vendre sa parcelle. L’emplacement semble répondre à toutes les conditions nécessaires : proche des habitations, et près d’un ruisseau d’eau propre. Ce ruisseau, le « Mattengraben » est une dérivation de la Fecht. Par un système d’écluses, il permet de nettoyer ponctuellement les caniveaux du village et d’irriguer les champs situés au nord du village. Le ruisseau du « Mattengraben » suit le tracé de l’actuelle rue de la Chapelle, rue des Ecoles, avant d’irriguer les terres situées à l’entrée de Wintzenheim.

Mais il faut rapidement déchanter : le bâtiment une fois construit, l’apport d’eau s’avère insuffisant et le niveau irrégulier et très bas laisse présager de futurs conflits entre les agriculteurs et la commune. Par ailleurs, les riverains ne voulaient pas des eaux de rinçage rejetées dans les caniveaux de la rue. A peine construit, le « Waschhus » non fonctionnel et boudé par la population, est laissé à l’abandon.

Peut-être avait-on aussi sous-estimé le fait que les femmes n’aiment pas laver leur linge sale en public...

Pour sauver les apparences, diverses propositions sont faites dans le but de trouver une utilisation au lavoir communal abandonné : y installer un bureau de jauge pour tonneaux ou une école israélite ? Finalement, le Crédit Mutuel loue le bâtiment pour y stocker ses documents. Mais, lourdement endettée, la commune est contrainte de céder la propriété. L’association « Bauverein des Katholischen Vereinhauses » en fait l’acquisition le 06 juin 1914 pour un montant de 800 Marks ; après la Guerre de 14-18 la « Maison du Cercle Catholique » s’y installera. Une autre histoire allait commencer !

Marie-Claude ISNER - Société d'Histoire de Wintzenheim


Les lavoirs

Wintzenheim

Le Mattengrabenpfad en 1952 avec les lavoirs à l'angle de la Rue des Prés (1) et de la Rue de Turckheim (2)
(collection Robert Guthmann)

Mais l’idée de construire un lavoir ne fut pas totalement abandonnée...

En 1877, il faut élargir le passage de la rue de Turckheim permettant aux charrettes et autres véhicules de franchir le Mattengraben. Sans doute des femmes allaient-elles déjà à ce moment-là, rincer leur linge près de ce passage. Toujours est-il qu’en avril 1893 le Conseil Municipal décide d’élargir le Mattengraben et de le transformer et parle d’un « Waschkanal ». Décision est prise d’installer deux lavoirs : le premier, appelé "Wasch bàch" au regard de la rue des Vergers (angle rue des Prés) et le second, que certains nommaient "Wasch hissla", à hauteur de la rue de Turckheim à l’arrière du cimetière israélite. Si le second remplit pleinement sa fonction, le premier sert surtout à parquer les chevaux et les bœufs en attente de passer chez le maréchal-ferrant. Les parties immergées des deux lavoirs ont des parois cimentées. Une structure en bois d’une longueur de 25 mètres couverte de tôle ondulée protège les utilisatrices du soleil, de la pluie et de la neige.

Après la Seconde Guerre mondiale, les équipement domestiques bouleversent les modes de vie et sont souvent une libération des tâches ménagères fastidieuses. La machine à laver et les poudres qui lavent « plus blanc que blanc » convainquent les femmes qui abandonnent sans regrets les lavoirs...

Devenus inutiles, ils sont démontés dans les années soixante. Le « Mattengrabenpfad », bordé de saules et de jardins, disparait pour devenir la rue des Ecoles et rue de la Chapelle pour la partie ouest.

Marie-Claude ISNER - Société d'Histoire de Wintzenheim

Sources :
- Archives Municipales de Wintzenheim
- Thuilliez Guy : Pour une histoire de l’hygiène corporelle aux XIXe et XXe siècle
- Annales de démographie historique 1975 p. 123-130
- Vigarello Georges : le Propre et le Sale L’hygiène du corps depuis le Moyen Age
- Wikipédia


Lavoir 1 (rue des Ecoles)

Wintzenheim

Le lavoir de la rue des Ecoles, vu de la rue Aloyse Meyer (rue des Juifs à l'époque)

Wintzenheim

Le lavoir aussi appelé "Wasch-bàch" de la rue des Ecoles d'après les souvenirs de Jean-Louis Moser


Zoom sur les Cartes Postales (lavoir 1 - rue des Ecoles) 

Wintzenheim Wintzenheim
Carte postale Combier 231-20
(collection Guy Frank)
Wintzenheim Wintzenheim
Carte postale Combier 231-24
(collection Guy Frank)
Wintzenheim Wintzenheim
Carte postale Combier 4950A de 1958
(collection Guy Frank)
Wintzenheim Wintzenheim
Carte postale Lapie n° 11
(collection Guy Frank)
Wintzenheim Wintzenheim
Photo Ernest Ehrhart vers 1955
Annuaire SHW 1998

La Société d'Histoire de Wintzenheim recherche des anecdotes

et des photos du Waschhuss et des deux lavoirs ou "Waschbach" de Wintzenheim


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