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Monsieur RIEDINGER, Épicerie |
Mercredi 7 Mai à 21Hes30, vous déposerez la somme de 50.000 Frs en
billets de banque de 1000 Frs, 5000 ou 500 Frs dans une forte enveloppe
si il fait beau. Si il pleut vous l'envelopperez dans un paquet bien
cartonné. Votre bonne viendra, elle et elle seule, apporter l'argent sur la route Wettolsheim-Logelbach à 21 heures trente minutes. Elle le déposera au pied d'un Pylone électrique situé à 500 m. environ du croisement appelé "Halte de Wettolsheim" du côté de Logelbach à droite en venant de la halte. dessin indiquant l'emplacement du pylône Ce pylône est juste au bord de la route un filet de protection est tendu au dessous pour protéger la route. Votre bonne viendra, seule, elle déposera le paquet ou l'enveloppe dans une touffe d'herbe au côté de Wettolsheim à oo centimètre du support en ciment. dessin indiquant l'emplacement de la touffe d'herbe Elle viendra à pied depuis la halte de Wettolsheim déposera le paquet à 21Hes30, précise à 9 1/2. Elle ne verra personne et elle repartira par le même chemin. Sans se retourner. Deux d'entre nous seront aux alentours puissament armés, en cas de guet à pent, le chef qui ne sera pas sur la route ce jour la, vous abattrait tous, et en particulier vos enfants. 50 billets de mille ou ? Mercredi 7 mai 1947 Signature : Z + triangle AVC |
![]() (collection Paul Riedinger) |
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L'épicier destinataire de la lettre anonyme était Lucien Riedinger, frère de Paul Riedinger victime de l'incendie du 12 janvier 1945 rue de la Victoire. A l'époque, Lucien était célibataire et sans enfants. L'auteur de la lettre, un jeune homme de 16 ans originaire de Wintzenheim, ignorait que les enfants, Gabrielle (Gaby) et Paul (Polo) dont s'occupait Lucien, étaient les orphelins de son frère Paul. Quant à la "bonne" de l'épicier, il s'agissait de Marie-Thérèse Burckard, la maman de Jean-Louis Moser. Source : Gaby et Polo Riedinger
Gaby et Polo Riedinger, appuyés contre la balustrade du clocher de l'église de Wintzenheim (collection Gabrielle Grasser, née Riedinger) |
Wintzenheim - Gangsterstreich eines 16jährigenWintzenheim. - Einen unüberlegten Streich, der ihn teuer zu stehen kommen
dürfte, hat sich dieser Tage ein junger Mann von hier geleistet. Am letzten
Dienstag erhielt der hiesige Geschäftsmann Herr R. durch die Post einen in
Colmar abgestempelten anonymen Brief, in welchem er aufgefordet wurde, am
darauffolgenden Tag, abends um 21,30 Uhr am Fusse eines Mastes der
Hochspannungsleitung am Rande der Strasse, die von der Wettolsheimer Haltestelle
nach Logelbach führt, durch sein Dienstmädchen die Summe von 50.000 Francs
niederlegen zu lassen, ansonsten er und seine ganze Familie, vor allem aber die Kinder,
binnen 48 Stunden ins Jenseits befördert werden würden. Der Brief, der in
korrenktem Französisch abgefasst war, trug als einzige Unterschrift ein grosses
rätselhaftes "Z". Der Gendarmerie von Wintzenheim, die von der Sache in Kenntnis
gesetzt wurde, gelang es, durch eine ebenso diskrete als geschickte Untersuchung
den anonymen Briefschreiber "in flagranti" zu erwischen. Am fraglichen Abend, an
welchem das Geld an dem besagten Orte, der in dem Brief durch eine äusserst
genaue Skizze gekennzeichnet war, auf der der Urheber selbst das sich am Fusse
des Mastes befindliche Grasbüschel nicht vergessen hatte, legte sich der Chef
der hiesigen Gendarmerie mit einem Gendarme in ein zwanzig Meter von der
besagten Stelle befindliches Kornfeld auf die Lauer, während ein dritter
Gendarme die Wettolsheimer Kreuzung überwachte. Es ereignete sich nichts bis
etwa eine Viertelstunde nach der im Brief angegebenen Zeit. In jenem Momente kam
aus Richtung Logelbach ein Velofahrer, vor sich hinpfeifend, in gemächlichem
Tempo dahergeradelt. |
Un jeune homme de 16 ans auteur d’un acte crapuleuxWintzenheim. - Un jeune homme originaire de la commune a commis un acte qui pourrait lui coûter cher. Mardi dernier, le commerçant local R. a reçu une lettre anonyme postée à Colmar dans laquelle on le sommait de déposer le lendemain soir à 21h30, par l’intermédiaire de sa bonne, la coquette somme de 50.000 Frs au pied de l’un des poteaux de la ligne de haute tension qui longe la route entre la Halte de Wettolsheim et Logelbach. En cas de refus, lui, sa famille et plus particulièrement ses enfants seraient exécutés dans les 48 heures. La lette incriminée était rédigée dans un français correct et portait comme seule signature un grand et énigmatique « Z ». La gendarmerie de Wintzenheim informée par la victime, a réussi, grâce à un stratagème discret et éprouvé, à mettre la main au collet du malfaiteur pris en flagrant délit. Ledit soir, alors qu’un gendarme surveillait le croisement de la Halte de Wettolsheim, le chef et un autre des ses collègues de la brigade locale s’étaient tapis dans un champ de maïs à une vingtaine de mètres de l’endroit où la rançon venait d’être déposée. La lettre anonyme contenait, en effet, un croquis extrêmement précis indiquant même la touffe d’herbe au pied du poteau sous laquelle l’argent devait être placé. Rien ne se passa dans le quart d’heure suivant l’heure indiquée. Mais, à ce moment-là, un cycliste venant de Logelbach, roulant à vitesse modérée, s’approcha en sifflotant. Après avoir dépassé l’endroit fatidique, il fit subitement demi-tour, descendit du vélo, le déposa sur le bord de la route, se dirigea vers le poteau et se pencha vers la touffe d’herbes. Les gendarmes surgirent à cet instant et interpelèrent le jeune homme éberlué qui leva aussitôt les bras. Il s’agissait de Bernard S.M., étudiant, âgé de seize ans. Issu d’une famille honorable installée à Wintzenheim depuis peu, le prévenu a d’abord nié voulant faire croire à une simple ballade. Vers 23h00 cependant il reconnut les faits, y ayant vu un moyen commode de se procurer de l’argent de poche. Il reconnut aussi ne pas avoir eu conscience ni de la portée ni de l’impact de son geste condamnable. Ce sont des parents effondrés qui ont été informés des agissements de leur fils qui n’était pas armé. Compte tenu de la gravité des faits, les gendarmes ont procédé à son arrestation et l’ont présenté au parquet de Colmar. (traduction Marie-Claude Isner) |
(collection Paul Riedinger)
Fast wie im KriminalromanWintzenheim (près Colmar). Der hiesige Epicier R. erhielt vor einigen Tagen einen anonymen
Brief, in dem er aufgefordert wurde durch sein Dienstmädchen am 7. Mai abends 21.30 Uhr am Fusse eines genau bezeichneten Elektrizitätsmastes,
auf der Strasse von der Wettolsheimer Haltstelle nach Logelbach die
Summe vom 50.000 Fr. niederlegen zu lassen. Im Falle einer Weigerung
wurde Herrn R. angedroht, dass innerhalb von 48 Stunden seine Familie
und vor allem seine Kinder getötet würden. |
Presque comme dans un roman policier...Wintzenheim (près de Colmar). Il y a quelques jours, l’épicier local R. a reçu
une lettre anonyme le sommant de déposer le 7 mai à 21h30,
par l’intermédiaire de sa bonne, la coquette somme de 50.000 Frs
au pied d’un poteau électrique soigneusement décrit et situé le long de
la route reliant la Halte de Wettolsheim à Logelbach. |
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