A l’initiative de la Société d’Histoire de Wintzenheim, une nouvelle rubrique a vu le jour dans la Gazette du Lévrier. Il s’agit de mettre en lumière les archives municipales de la ville de Wintzenheim, conservées précieusement dans une chambre forte située dans la partie la plus ancienne de la mairie. Ces registres recueillent la consignation de toutes les décisions concernant la vie de notre commune, et sont la mémoire de Wintzenheim. Dans ses moindres détails… Ainsi, la Société d’Histoire de Wintzenheim vous fait découvrir au fil des numéros de La Gazette du Lévrier des extraits, parfois cocasses, de l’histoire de notre ville.
Lors de la procession de la Fête-Dieu
(1935 ?) M. Zehler, « suisse » d’église, veille à la discipline des garçons
(collection Guy Frank)
Nul n’est censé ignorer que
l’écharpe tricolore, est un insigne républicain et le symbole d’une
fonction. Durant des décennies les curés de la paroisse se plaignaient des nombreuses perturbations survenant pendant la célébration des offices : bavardages, disputes quant à l’occupation des places louées, etc. En 1855, le Conseil de Fabrique décida d’embaucher une personne chargée de veiller au bon déroulement des cérémonies et de faire régner l’ordre à la manière des gardes suisses du Vatican. Ce « suisse » d’église ou bedeau, pour affirmer son autorité, eut droit à un uniforme, un bicorne, au port d’une écharpe et d’une hallebarde. En 1861, la communauté israélite, confrontée sans doute aux mêmes problèmes d’ordre, nomma également « un suisse à la synagogue de Wintzenheim » qui ne portait aucun autre signe si ce n’est une écharpe. Ce choix partait certainement d’un sentiment patriotique profond, mais elle était en soie tricolore. Le maire en pris ombrage et en référa au Préfet. Par retour du courrier, le Préfet demanda au maire « de rappeler à cet agent qu’il ne saurait porter les insignes distinctifs de fonctions municipales ou autres charges publiques sous peine d’être poursuivi en application de l’art. 259 du Code Pénal. ». Le bedeau obtempéra et l’affaire s’arrêta là. Le dernier « suisse » d’église de Wintzenheim était M. Emile Zehler, décédé tragiquement lors de l’incendie de la rue de la Victoire le 12 janvier 1945. Sources : Archives Départementales du Haut-Rhin 4M54 Délibérations du Conseil Municipal 1856 février Photo collection Guy Frank |
Article proposé par Marie-Claude ISNER
Société d'Histoire de Wintzenheim
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