A l’initiative de la Société d’Histoire de Wintzenheim, une nouvelle rubrique a vu le jour dans la Gazette du Lévrier. Il s’agit de mettre en lumière les archives municipales de la ville de Wintzenheim, conservées précieusement dans une chambre forte située dans la partie la plus ancienne de la mairie. Ces registres recueillent la consignation de toutes les décisions concernant la vie de notre commune, et sont la mémoire de Wintzenheim. Dans ses moindres détails… Ainsi, la Société d’Histoire de Wintzenheim vous fait découvrir au fil des numéros de La Gazette du Lévrier des extraits, parfois cocasses, de l’histoire de notre ville. Voici un extrait tiré des Archives Départementales du Haut-Rhin :
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Gendarmerie Départementale/22ème Légion/Compagnie du Haut-Rhin Colmar le 10 novembre 1834 Monsieur le Préfet, J’ai l’honneur de vous informer que le 1er de ce mois le nommé Jean Ulrich, frère desservant de la chapelle de Wintzenheim a été trouvé mort dans sa chambre située dans une partie du bâtiment de cette chapelle. Il a été fait diverses versions sur le genre de mort de cet individu. Cependant, les gens de l’art assurent qu’il est mort par suite d’une forte pression aux parties génitales qui étaient toutes sanglantes quand on l’a visité et qu’il aurait été étranglé. Les nommés François Biechy et Jean Brindel. qui demeurent tout vis-à-vis de l’hermitage [ermitage] où le meurtre s’est commis, sont soupçonnés d’en être les auteurs. Leurs voix, dit-on, ont été reconnues dans l’hermitage en même temps qu’on aurait entendu les plaintes étouffées du défunt... Votre très humble et très obéissant serviteur Le Capitaine commandant la gendarmerie du Haut-Rhin Houzeau ** Courrier du Préfet (Police) au Maire de la Commune Assassinat du Frère Ulrich 15 novembre 1834 Monsieur le Maire, Je suis informé qu’un meurtre a été commis le 1er novembre sur la personne du Frère Ulrich, frère gardien de la Chapelle de Wintzenheim. Vous ne m’avez pas adressé de rapport sur les circonstances de cet événement. Je vous prie de réparer cette omission et de m’informer du résultat des recherches faites pour découvrir les auteurs du crime. ** Réponse du maire : Wintzenheim le 20 9bre [novembre] 1834 Monsieur le Préfet, En réponse à la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser sous la date du 15 de ce mois, Bureau de la 1ère Division relativement au nommé Ulrich, frère gardien de la chapelle de cette commune, en vous informant que la mort du dit Ulrich fut attribuée, d’abord par la justice même et par un officier de santé résidant à Wintzenheim comme mort subite, naturelle. Le corps fut inhumé par ordre de Monsieur le Juge de Paix. Il n’y avait rien là dont je dusse vous donner connaissance. Ce ne fut que quelques jours plus tard que la rumeur publique fit soupçonner une mort violente. La justice agit alors et Monsieur le procureur du Roi fit une visite sur les lieux, ordonna l’exhumation du cadavre et cela six jours après l’enterrement, la mort violente fut constatée. Depuis on a informé on a entendu beaucoup de témoins. J’ignore le résultat des investigations de la Justice, mais personne n’a encore été arrêté pour cette affaire. Je suis avec respect Monsieur le Préfet, votre très humble serviteur. Weinmann* * Jean-Baptiste Weinmann, maire de Wintzenheim de 1832 à 1836 Malgré la consultation des arrêts de la Cour d’Assise de Colmar et du Registre des Condamnations de l’époque, nous n’avons pas trouvé trace de la résolution de cette sombre affaire... |
Article proposé par Marie-Claude ISNER
Société d'Histoire de Wintzenheim
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